11 juin 2007
Scénarios pour une refondation
Article de Philippe Marlière, paru dans Le Monde du dimanche 10 juin
Le Parti socialiste est aujourd'hui amené à préciser sa doctrine, à élaborer un programme mobilisateur et à reconsidérer ses alliances. Après trois échecs présidentiels consécutifs, la situation est assez grave pour exclure les replâtrages habituels. Quatre scénarios pour une refondation socialiste peuvent être envisagés.
En Italie, les démocrates de gauche (DS, ex-PCI) s'apprêtent à fonder un nouveau parti (le Parti démocratique) qui inclura le pôle de la Marguerite (dominé par les démocrates-chrétiens). Selon Piero Fassino, dirigeant des DS, cette alliance prend acte de la "disparition du vieux schéma tripolaire gauche, centre, droite", auquel aurait succédé une opposition feutrée entre deux grands blocs centristes, hors toute référence à la gauche. Transposé en France, il s'agirait de bâtir une force centriste dont le PS serait le pivot. Ce nouveau parti - non socialiste - engloberait les radicaux de gauche, la tendance libérale-libertaire des Verts (Daniel Cohn-Bendit) et le Mouvement démocrate de François Bayrou.
Ce schéma a été esquissé par Ségolène Royal à diverses reprises. Sans référence explicite à la création d'un Parti démocrate, elle a revendiqué un "PS ouvert, sans frontière" et a prédit qu'il allait "se passer des choses localement avec le MoDem" d'ici aux élections municipales. La recherche d'alliance avec le centre droit semble des plus risquées. C'est ce que nous enseigne le cas italien : le recentrage continu des DS depuis plus de dix ans s'est accompagné d'une érosion militante et électorale constante, accentuée par les scissions de son aile gauche.
En France, l'opposition gauche-droite est plus vivace qu'en Italie. Les reports de voix bayrouistes en faveur de Mme Royal ont été des plus médiocres, ce qui souligne l'incompatibilité entre électorat socialiste et électorat démocrate-chrétien en France. En outre, les reports de voix de la gauche non socialiste vers Mme Royal - décevants en 2007 - seraient assurément catastrophiques si d'aventure elle était la candidate d'un parti centriste en 2012.
LE SCÉNARIO BRITANNIQUE
C'est le développement rêvé par Dominique Strauss-Kahn et ses amis. L'accent est mis, ici, sur une refondation interne du PS qui s'inspire de la démarche blairiste au sein du Parti travailliste. Une offensive idéologique doit être conduite pour amener le PS à renoncer à la lutte pour le socialisme (combat contre un capitalisme de plus en plus débridé, défense d'un secteur nationalisé de l'économie, exigence de redistribution des richesses, etc). Des notions lénifiantes ("réformisme", "socialisme du réel", "social-démocratie") tentent de masquer les convergences avec le néolibéralisme tempéré du blairisme, de favoriser la conversion du PS à une Europe sans muscle politique et de renforcer l'alignement atlantiste du PS.
A la différence du scénario italien proprement suicidaire, le scénario britannique a le mérite de la cohérence. Cette ligne pourrait l'emporter si les strauss-kahniens parvenaient à débaucher les "déçus du royalisme". Mais le problème de la mobilisation des électorats de gauche se poserait également dans ce cas : quelle serait la fortune électorale d'un parti blairisé en compétition avec une gauche radicale galvanisée par un PS qui n'aurait plus de socialiste que le nom ? Car le succès du blairisme a reposé sur une série de facteurs exceptionnels, introuvables dans le contexte français : scrutin majoritaire à un tour qui sur-amplifie la dynamique du vote utile, absence de compétition à gauche pour le Parti travailliste et démantèlement avancé de l'Etat social britannique.
LE SCÉNARIO ALLEMAND
Ce serait celui de la scission de la gauche du parti, poussée vers la sortie à la suite du succès rencontré par les scénarios italien ou britannique. Il s'agirait ici de recréer un parti authentiquement socialiste. Cette situation s'apparenterait à la création de la WASG par Oskar Lafontaine, un ancien leader du SPD, en désaccord avec les politiques néolibérales du gouvernement Schroeder.
Envisageable après le rejet du traité constitutionnel, alors que l'idée d'une candidature "antilibérale" connaissait une réelle dynamique, ce cas de figure est aujourd'hui impensable. La gauche radicale est aujourd'hui sur la défensive et divisée. En outre, on imagine mal quels élus socialistes de premier plan accepteraient de risquer leur carrière sur un projet aussi aléatoire.
LE SCÉNARIO SOCIALISTE
C'est celui de la rupture avec... les politiques mises en oeuvre par les partisans des scénarios italien et britannique depuis les années 1980. Il s'agirait d'abandonner le prêt-à-penser social-libéral. Instruit des erreurs du passé et s'inspirant de la démarche des assises du socialisme organisées en 1974 par François Mitterrand, ce PS aurait à coeur de maintenir le dialogue avec les diverses composantes de la gauche.
Il serait rajeuni, féminisé, ouvert aux minorités ethniques, attentif aux critiques de gauche du capitalisme financier et du productivisme. Ce serait un parti réformiste radical, moderne, de masse, rompant avec la conception actuelle du parti de supporteurs pour devenir un authentique parti de militants. Ce type de parti pourrait obtenir un score plancher de 30 %, car il rassemblerait nombre d'électeurs communistes, écologistes et altermondialistes, tout en continuant de mordre sur le centre gauche.
Les scénarios italien et britannique expriment des choix purement idéologiques et poursuivent, selon des méthodes différentes, des objectifs similaires (le dépassement de la nature socialiste du PS et la recherche d'alliances organiques ou conjoncturelles avec les démocrates-chrétiens et les libéraux). Le scénario socialiste est, inversement, sociologiquement motivé : il réfute la thèse infondée de la "droitisation de la société française", prend acte de la vivacité du clivage gauche-droite et anticipe la recomposition des gauches. Ce scénario est réaliste et moderne, car c'est le seul qui puisse permettre une victoire de la gauche en 2012.
04 juin 2007
DSK ou le socialisme de résignation
Le monde évolue, les mentalités changent, et la gauche est aujourd’hui capable d’intégrer pleinement, sans complexe, le discours de la droite. Je lis ainsi que DSK a regretté samedi que la gauche soit "décalée par rapport à la réalité", en critiquant la proposition de hausse du Smic à 1.500 euros, la considérant "loin des préoccupations des Français". Et ceci en rapportant les propos d’un ouvrier : "Si le Smic passe à 1.500 euros, le patron va délocaliser, mais moi, ce que je veux surtout, c'est garder mon boulot". DSK en a donc conclu qu’il lui « donnait une leçon de réalisme, parce que le bien le plus précieux pour lui, c'était l'existence même de son emploi ».
Quelques petites mises au point :
1 ) Oui, le chantage à la délocalisation, ça existe. Oui, la droite et le patronat, de tout temps (rappelons-nous le XIXème siècle, le Front Populaire et les congés payés, les 35 heures, etc…), a toujours mis en cause le poids des salaires, l’insuffisance du nombre d’heures travaillées pour expliquer leurs réticences à rémunérer le travail à sa juste valeur. Oui, les salariés sont en train d’intégrer cette idéologie qu’on leur rabâche à longueur de journée. On ne peut pas être « réaliste », comme DSK le dit si bien, et considérer que les cas de délocalisations sont inéluctables et dues simplement à une augmentation du salaire minimum, sans voir derrière tout cela une part de chantage, de pression et de « bon sens paysan ». Cette question des délocalisations (qui ne se résume certes pas non plus à une histoire de chantage, j’en conviens), est trop complexe pour se laisser aller à des argumentations simplistes qui font le jeu de la droite.
2) Non, le coût du travail n’est pas plus élevé en France que chez nos voisins européens. L’étude du BLS (Bureau of Labor Statistics américain, loin d’être un nid de gauchistes), publiée en 2006 (www.bls.gov), est formelle : le coût du travail ouvrier est globalement resté le même en France qu’aux Etats-Unis entre 1994 et 2004, et seules l’Italie et l’Espagne parmi les pays européens ont un coût du travail moins élevé ! Le coût d’un travailleur allemand est même encore 40 % supérieur à celui d’un français. Ca c’est pour les idées reçues bien inculquées aux Français, que DSK reprend fidèlement, oubliant bien vite sa rengaine sur le « réalisme ». Deuxième chose d’ailleurs : le problème des délocalisations, notamment lorsque l’on parle de la Chine, ne se situe pas réellement dans la question des salaires ou du coût du travail : car si on veut faire concurrence à la Chine dans ce domaine c’est par 3 ou 4 qu’il faudra diviser les salaires : on voit bien que c’est ailleurs qu’il faudra chercher des réponses, mais je n’ai pas donner des leçons de modernité à notre cher Dominique…
3) La question des délocalisations est effectivement importante et mérite d’être traitée avec le plus grand sérieux (et pas en balançant des arguments du style « ben on ne peut pas augmenter les salaires). Mais c’est justement à nous, socialistes, de trouver des solutions pour agir sur les deux fronts : celui de l’emploi et celui des salaires. C’est justement parce qu’ils ne trouvent pas de réponses à ces deux problèmes que les salariés les plus pauvres cèdent aux argumentations d’une droite qui leur répète que leurs salaires ne peuvent être augmentés sans quoi il perdront leur emploi. C’est à nous de réagir face à cela et de ne pas se contenter de s’« adapter à la réalité » en renonçant à la changer. Alors oui, il faudra, comme l’ont proposé les socialistes pendant la campagne, demander aux entreprises de rembourser les aides de l’Etat perçues en cas de délocalisation, et on verra déjà que, au vu du montant versé, certaines entreprises y regarderont à deux fois. Il n’est pas normal que l’on s’indigne des délocalisations sans mettre en parallèle la question de l’argent public dont ont bénéficié ces entreprises avant de laisser plusieurs dizaines ou centaines de salariés sur le carreau. Oui, il faudra également lancer un débat sur la scène européenne, et notamment au sein du PSE le jour où il y aura de vrais débats au sein de cette instance, sur la nécessité d’un tarif extérieur commun. En effet, est-il acceptable que des critères environnementaux soient fixés pour l’entrée en Europe de certains produits et qu’il n’y ait aucun critère à dimension sociale ? Serait-il anormal que les produits ne respectant pas certains critères sociaux, en matière de travail des enfants, de rémunération décente des salariés, de droits syndicaux, soient davantage taxés ? Cette question est au cœur de la problématique des délocalisations, et il paraît qu’il faut « lever les tabous ». Mais bizarrement il en est dont la gauche n’aime pas discuter… Dès lors que l’on creuse la question, les réponses apparaissent complexes, et pour une large part sans doute encore à inventer. Mais je ne fais pas partie d’une gauche qui baisse les bras, qui se résigne et qui se range aux arguments de la droite avant même d’avoir exploré les différentes pistes de solutions possibles.
4) DSK reprochait également il n’y a pas longtemps à la gauche de trop réduire la question des inégalités au rapport capital/travail. Certes elle ne se réduit à cela, il a en partie raison. Mais justement avec le problème qu’il aborde on est en plein dedans ! Le rapport entre le capital et le travail n’a cessé de se dégrader depuis 30 ans, et ce alors même que les dividendes distribués aux actionnaires se sont démultipliés. La conjoncture économique étant ce qu’elle est depuis plusieurs années, hormis durant la période Jospin, la rémunération du capital a toujours été favorisée au détriment de celle du travail, sous prétexte de relance et de compétitivité économique. Et si on fait le bilan de cette politique, celui-ci est bien maigre, peut-être qu’il y aurait lieu de s’interroger là-dessus. Par ailleurs quelle analyse DSK fait-il du nouveau capitalisme financier qui s’est mis en place, où la rémunération de l’actionnaire avec des taux à deux chiffres prime sur l’investissement et les salaires ? Comment rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée pour que celle-ci serve à investir et à créer des emplois, et ne parte pas en fumée dans les dividendes distribués généreusement ? Nous avons déjà des pistes de réponses, que ce soit en terme de place accordée aux PME, en terme de modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction d’investissements réalisés ou non, en terme pourquoi pas de développement de l’économie sociale et solidaire, en matière de négociation salariale, et ce sont en tous cas des réponses qu’il faudra approfondir. Car la question qui se pose à nous, socialistes, est la suivante : comment concilier augmentation nécessaire des salaires (2 millions de travailleurs pauvres actuellement, ça ne te dis rien Dominique ?), et créations d’emplois. Alors si le socialisme du réel consiste à dire qu’on ne peut pas augmenter les salaires, sinon les entreprises délocalisent, et à considérer que la question de l’augmentation du Smic et des salaires est « loin des préoccupations des français » ( ??!!) on ne va pas aller bien loin.
5) DSK nous rapporte les propos de cet ouvrier sur le risque que son entreprise délocalise. Très intéressant. Car après tout, quel contrôle a celui-ci sur les dires de son entreprise ? Quelle place ont les salariés dans le conseil d’administration des entreprises ? Aucune ou très peu. Alors comment les salariés peuvent-ils faire face aux affirmations de leur employeur sans avoir l’ensemble des éléments de la situation de l’entreprise et sans avoir les moyens de participer aux choix et aux stratégies mises en œuvre ? Plus que la question du nécessaire dialogue social, celle de la place des salariés dans les instances de direction des entreprises est primordiale, sans quoi tous les discours démagogiques sur le soi-disant « indispensable gel des salaires » continueront à prospérer.
Pour conclure, on peut toujours critiquer la grille de lecture marxiste, il n’empêche que le rôle de « l’armée de réserve » constituée par les chômeurs dans le freinage des salaires joue son plein, il faut le reconnaître (« le bien le plus précieux, c’est son emploi », constate DSK). La crainte du chômage amène à la fois les salariés à accepter des salaires de plus en plus bas sans rechigner, mais également la gauche à proposer des solutions simplistes en reprenant le discours de la droite au lieu de rechercher (encore et toujours, parce qu’il ne s’agit pas de se résoudre à accepter une réalité qui ne nous convient pas), les voies d’un nouveau développement économique.
Je parle dans le titre de ce message de « socialisme de résignation ». Le terme est fort, mais je le maintiens. Car lorsque l’on place les contraintes avant de définir les objectifs ; lorsque le rôle de la gauche semble consister à négocier les termes du renoncement sous couvert d’un réalisme de bon aloi ; lorsque l’on parle d’efficacité avant même d’aborder la question des finalités de notre action ; lorsque le « socialisme du réel » semble se borner à s’adapter à la réalité et à réguler une société et des règles économiques qu’il faudrait au contraire chercher à transformer, car l’épanouissement du socialisme et de nos valeurs ne pourra voir le jour avec les règles du jeu actuelles ; lorsque l’on tient se discours, Dominique, c’est le socialisme de résignation que l’on construit. Car que lui as-tu dis à ce salarié qui attendait des réponses ? Que la gauche n’avait rien d’autre à lui proposer que d’être réaliste et de renoncer à l’augmentation du SMIC ? C’est cela que nous avons à proposer aux salariés qui sont devenus les pions interchangeables d’un jeu économique qu’ils ne maîtrisent et ne comprennent plus ? C’est cela l’horizon que nous avons à offrir à ceux qui souffrent de la logique libérale plus que jamais à l’œuvre, l’horizon de l’acceptation de la réalité économique actuelle sans espoir de la changer en profondeur ?
Certes nous n’avons sans doute pas toutes les réponses en matière de pouvoir d’achat et d’emploi. Nous avons cependant des objectifs qu’il ne s’agit pas d’oublier : celui de trouver les moyens de ne jamais sacrifier le premier au détriment du second, celui d’inventer de nouvelles propositions pour une économie plus juste et plus efficace, celui de ne pas renoncer à construire une alternative crédible, concrète mais également globale au système économique tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Plus que jamais, nous avons le devoir d’inventer. Plus que jamais, nous avons le devoir de nous battre contre les idées reçues et réaffirmer qu’il est possible de concilier progrès social et efficacité économique. Plus que jamais, notre rôle sera de proposer un modèle global de développement différent de l’horizon libéral que l’on tente de nous imposer. Sans renoncement, sans résignation, mais avec lucidité et imagination.
30 mai 2007
Et ça continue...
La Société des Journalistes de Paris-Match proteste actuellement contre des « pressions exercées par la garde des Sceaux », et reproche à la direction du journal d’avoir cédé pour ne pas publier quelques banales photos de famille de Rachida Dati, dont la diffusion avait été autorisée par son père (d’ailleurs ces photos avaient déjà été diffusées dans un documentaire marocain). Certes on est là dans des histoires de photos qui n’intéressent personne, mais ça montre encore une fois le climat actuel de suspicions et de pressions qui règne dans la presse française, où certains groupes de presse obéissent au doigt et à l’œil aux directives du clan Sarkozy (on peut rappeler deux exemples édifiants, ici et ici, qui ne sont malheureusement que la partie émergée de l’iceberg). Comment ne pas s’étonner ainsi quand on constate que Paris Match et le JDD font tous les deux partie du groupe Lagardère ? Comment ne pas s’interroger sur le fait qu’après avoir vu leur patron Alain Genestar viré pour avoir publié des photos que Sarkozy n’a pas appréciées, les journalistes fassent état d’un contexte d’insécurité où des journalistes sont « incités au départ » ? Dire qu’avec la plus grande partie de la presse à sa botte, avec bientôt quasiment tous les pouvoirs, Sarkozy continue à décrire ses opposants comme les tenants d’une « pensée unique ». Ca promet de belles années à venir et une haute qualité de débat, ce genre de propos.
25 mai 2007
Le Français ne sont pas des paresseux
Texte de Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives
Economiques (www.alternatives-economiques.fr)
Il faudrait, parait-il, « réhabiliter la valeur travail ». Nicolas Sarkozy en a fait le thème central de sa campagne. Il considère manifestement que la paresse actuelle des français est la cause principale des difficultés que rencontre le pays. Il s'agit là pourtant d'une contrevérité qui pourrait - devrait - lui coûter l'élection tant le propos est insultant à l'égard des 22,5 millions de salariés, qui travaillent dur chaque jour, et des 2 millions de chômeurs, qui aimeraient pouvoir en faire autant. Les résultats de l'économie française ne sont pas, c'est vrai, toujours à la hauteur, mais c'est plutôt du côté des élites économiques dirigeantes qu'il faut en chercher les causes. Et les remèdes.
Rien n'est plus faux en effet que ce préjugé tenace d'une France paresseuse : les salariés français figurent au contraire parmi les plus productifs au monde. Selon les chiffres du Bureau of Labor statistics, organisme officiel américain donc peu suspect de socialisme militant ou de francophilie excessive, un français qui occupe un emploi avait produit 71 900 dollars de richesses en moyenne au cours de l'année 2005. C'est certes moins que les 81 000 dollars produits par l'employé américain moyen mais significativement plus que les 64 100 dollars d'un Anglais, les 59 100 des Allemands ou encore les 56 300 dollars d'un Japonais... Et même en matière de temps de travail, si Nicolas Sarkozy ne se contentait pas de répéter les poncifs que lui soufflent ses amis chefs d'entreprises, il saurait que les salariés français ne sont pas, et de très loin, ceux qui travaillent le moins en Europe. Selon Eurostat, l'organisme statistique officiel de l'Union, un salarié français travaillait en moyenne 36,4 heures par semaine au troisième trimestre 2006. Contre 36,1 dans l'ex Union à 15. Les Français travaillent presqu'aussi longtemps que les Anglais, 36,5 heures, et significativement plus que les Danois, 34,6 heures, dont le modèle social est si envié, ou encore que les Allemands, 34,5 heures, pourtant champions du monde de l'exportation. Sans parler des Néerlandais qui ne restent en moyenne que 29,8 heures au travail chaque semaine. Dans l'ex Europe à 15, c'est en Grèce, 39,9 Heures, et au Portugal, 39,2 heures, qu'on travaille le plus longtemps. Rattraper la Grèce et le Portugal, est-ce cela l'ambition de Nicolas Sarkozy pour l'économie française ?
Si, à niveau de richesses comparable, le chômage est plus important chez nous que chez nos voisins, c'est justement parce que ceux qui ont déjà un emploi sont particulièrement productifs. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs la démarche des 35 heures était parfaitement censée. Et c'est pour la même raison, qu'en cherchant à allonger le temps de travail de ceux qui ont déjà un emploi, Nicolas Sarkozy ne ferait qu'aggraver le chômage. Quant aux chômeurs, soupçonnés de se complaire dans leur situation, il serait pourtant difficile de les pénaliser davantage qu'aujourd'hui afin de les obliger à trouver un emploi : les chômeurs français figurent déjà parmi les plus mal traités. En 2003, 10 des pays de l'ex Union à 15 dépensaient, en effet, davantage que la France pour indemniser leurs chômeurs, rapporté à leur PIB. Jusqu'à 2,7 fois plus par chômeur pour le Danemark ou les Pays Bas, mais aussi un peu plus pour le Portugal...
Contrairement à ce que sous entend le candidat de l'UMP, les salariés français ne sont donc pas des paresseux ni les chômeurs de l'Hexagone des profiteurs. Pour autant, il ne fait guère de doutes que les entreprises françaises rencontrent des difficultés importantes. Elles sont souvent à la peine sur les créneaux High tech en expansion et s'en sortent, en particulier, nettement moins bien sur le marché mondial que les entreprises allemandes. Et cela bien que le travail soit sensiblement plus cher Outre Rhin : 33 dollars de l'heure en 2005 pour un ouvrier de l'industrie contre 24,6 en France selon les chiffres du BLS. Si la paresse des salariés n'est pas en cause, ni le coût de leur travail, est-ce que les raisons de ces difficultés ne seraient pas à chercher plutôt en priorité du côté de la tête des entreprises ? Du côté de la faible qualité de leurs dirigeants et de l'inefficacité de leurs modes de gestion ? Quand on observe, par exemple, le gigantesque gâchis que l'incurie d'un Arnaud Lagardère, actionnaire de référence, combinée à la soif de pouvoir d'un Noel Forgeard a provoqué au sein d'Airbus, on se dit en effet que c'est surtout au niveau de ses élites économiques, de leur recrutement et de leurs habitudes de fonctionnement, que l'économie française aurait besoin d'une « rupture ». Mais évidemment il est plus naturel pour l'ancien maire de Neuilly, qui a recueilli un pourcentage record de 73 % des voix dans sa commune, de chercher à culpabiliser salariés et chômeurs plutôt que de bousculer ses amis patrons...
24 mai 2007
La loi de l'offre et de la demande
Je viens de tomber sur une dépêche relatant les propos de Manuel Valls quant à la nécessité de « dépoussiérer le PS sclérosé ». Comme c’est super à la mode en ce moment, au delà des incantations regardons ce qu’il nous propose :
« Quant aux mesures fiscales du gouvernement Sarkozy, le député socialiste a jugé que "tout ce qui incite à la propriété va dans le bon sens". "C'est une demande très forte de nos compatriotes" tout comme la suppression d'une partie des droits de succession.
"Beaucoup de couples de couches moyennes ou populaires qui ont acheté pour passer cet héritage à des enfants été séduits par cette proposition: ne soyons pas binaires et caricaturaux, il n'y a pas qu'une France des rentiers qui demande cela", a-t-il conclu. »
Ca a le mérite d’être clair. Quand la droite met en place une mesure, on ne la juge pas à l’aune de ce que sont nos idées, nos valeurs, mais d’une « demande » des citoyens. Que l’on se pose la question de droits de successions, c’est une chose : on peut réfléchir ainsi à la question de l’égalité, de la reproduction sociale, ouvrir un débat là dessus, et peut être en arriver à considérer que transmettre sa maison à ses enfants n’est pas exactement la même chose que leur transmettre un héritage de plusieurs dizaines de milliers d’euros exonérés d’impôt. On peut s’interroger sur cette problématique, on peut en débattre. Mais en aucun cas en partant du principe qu’il faut répondre à une demande de l’électorat : car si cette demande va à l’opposé de nos valeurs, de nos idéaux de justice sociale, notre rôle sera au contraire d’avoir le courage de tenter de convaincre les citoyens sur le plan idéologique, de partir à la reconquête des valeurs auxquelles nous tenons et que la droite a mises à mal.
Parce que la somme des intérêts particuliers ne conduit pas à l’intérêt général, il est inimaginable que la refondation de la gauche se fasse sur la modèle de la loi de l’offre et de la demande. Plus que jamais, face à une droite qui a impose jour après jour l’idéologie libérale et l’individualisme dans les consciences, le combat des valeurs est aujourd’hui primordial. C’est à partir de nos valeurs, à partir de nos idéaux, que nous devrons mener le travail indispensable de réflexion sur nos outils et propositions, et non à partir d’une « demande » préalable de l’électorat. La rénovation des idées commence décidément assez mal…
21 mai 2007
Pas facile la rénofondation
Difficile de sortir des vieux clivages. Les débats tournent beaucoup au sein du PS en ce moment autour de la nécessité de ne pas céder à la tentation du "plus à gauche que moi tu meurs" et de la social-démocratie à tout va. Ok jusque là pas de problème, je suis d'accord. Mais j'avoue avoir un peu de mal à comprendre également les arguments de certains qui s'opposent à cette vision manichéenne des choses. J'ai lu en effet des propos (sur le blog de Rénover Maintenant, mais la source a peu d'importance, ces arguments sont repris un peu partout, d'autant plus que je n'ai aucune animosité particulière envers les camarades de RM), nous disant : "En réalité, le Parti est profondément divisé entre les " sociaux démocrates" et les tenants d'une gauche pure et dure ( dans les discours tout au moins ), favorables à un concept d'union de la gauche avec des partis qui ne représentent plus un électorat suffisant pour être crédibles. La nostalgie des vieux mitterrandiens n'étant pas productive, il convient de refonder ce parti même au prix ( si on ne peut l'éviter) d'une scission génératrice d'espoir pour une gauche recomposée dans son ensemble. Orienter une mutation vers une parti nommé " Désir d'avenir socialiste " recherchant une 3ème voie entre une gauche idéologique et le " blairisme " qui au fond n'est qu'un sarkozisme mou. Constatant que notre "gauche idéologique" est incapable de tenir ses engagements quand elle est au pouvoir, confrontée aux réalités économiques, il faut en tirer des conclusions".
D'abord, je ne parviens pas à comprendre qu'on puisse prôner de "refonder le parti même au prix d'une scission", surtout quand on voit l'état dans lequel est la gauche aujourd'hui. Nous n'avons pas besoin d'une division de plus, bien au contraire, et je trouve cela inquiétant quant à nos capacités de rassemblement, quand la scission est posée d'ores et déjà comme une possibilité acceptable (certes en dernier recours, mais quand meme), d'autant plus que cela ne vise principalement que Fabius, qui je pense (et je l'espère) ne tardera plus à ne représenter que lui-même et quelques fidèles inféodés. Que l'on refuse l'union de la gauche telle qu'elle était conçue du temps de Mitterrand, je suis à 100 % d'accord. Je ne pense pas qu'il faille parler d'"union", mais de refondation de la gauche. Qu'est ce que l'union de la gauche version années 80-90 ? On s'alllie de temps en temps, on négocie des places et le reste du temps on se tape dessus. Il n'est plus possible de fonctionner comme cela. Parce que nous devons construire une gauche forte, le rassemblement au sein d'un même parti de la gauche de gouvernement est un préalable nécessaire (mais non suffisant). Et ce n'est pas parce que les verts et les communistes ont fait respectivement 1,5 et 2% qu'ils en perdent pour autant leur capacité d'existence et de nuisance, bien au contraire. Car avec des scores tels que celui-là, si nous n'allons pas vers eux, la tentation va être grande de se distancier d'un parti socialiste vers qui le vote utile a joué à plein et de jouer les éternels trublions. A nous de tendre la main, de discuter avec nos partenaires naturels (car il n'y en a pas d'autres, qu'on le veuille ou non), qui partagent avec nous un grand nombre de valeurs, et ce n'est que comme ça que l'on pourra reconstruire, ou plutôt construire, une grande gauche qui ne passe pas son temps à construire un score électoral sur le dos de ses autres partenaires.
Alors certes le rassemblement de toute la gauche de gouvernement ne suffira pas, tant le poids de nos alliés s'est amenuisé. Mais c'est un préalable absolument indispensable si nous ne voulons pas revivre les éternels déchirements électoraux, les interminables négociations et discussions qui accompagnent les accords, aboutis ou non. Il nous appartient au contraire de tenter de construire une dynamique à gauche, qui ne pourra se lancer avec le rejet de nos partenaires qui n'auront d'autre choix ensuite que de se radicaliser. Et nous n'aurons rien à gagner à partir à l'aventure en solitaire, au prix dramatiquement élevé d'une scission. Non, le rassemblement de la gauche n'est pas une nostalgie, c'est une nécessité, mais une nécessité qui j'en conviens ne suffira malheureusement pas. Mais je trouve en tous cas hallucinant que ceux qui prônent à juste titre une rénovation et une refondation de la gauche nous disent également qu'une scission est quelque chose de possible, parce qu'à ce rythme là nous allons droit dans le mur. Voilà pour le premier point.
Deuxième remarque, concernant le passage sur la gauche idéologique. Sur le nouveau parti nommé "Désir d'avenir socialiste", j'ai rien compris, j'espère que ce n'est pas sérieux, franchement ça veut rien dire. Sur la "gauche idéologique" incapable de tenir ses engagements, j'ai du mal aussi à saisir. De quoi parle-t-on ? Les engagements ayant été tenus en 97, il me semble aussi globalement en 88, je crois comprendre qu'on revient en 1981, quand effectivement certains prônaient quelques mois avant la fin du capitalisme en 100 jours. Mais ça date de quand tout ça ? En gros on nous dit qu'il faut arrêter de prendre les références dans le passé, tout en se référant à une période datant d'il y a 25 ans, seul moment dans l'histoire où cette remarque prend un sens. Ca veut dire quoi la "gauche idéologique", à part un concept mou qui, s'il n'est rattaché à aucun exemple précis, n'a pour but que de dénoncer dans le vide et d'énoncer des vérités creuses destinées à clore rapidement un débat. Et putain (oui je suis un peu énervé) c'est exactement le genre de remarques qu'on nous balançait à la gueule quand nous tentions depuis 2002 d'apporter de nouvelles réponses à l'évolution du capitalisme actuel, à la montée des inégalités, à la crise sociale et démocratique, et à l'immobilisme du PS : "vous êtes archaïques, dogmatiques" etc... sans même avoir lu une seule de nos propositions. Finalement c'est peut être ça la gauche idéologique : considérer qu'une proposition est archaïque dès lors qu'elle est un peu ambitieuse, sans même chercher à démontrer en quoi elle n'est pas réalisable. Franchement si la rénovation de la gauche c'est ce genre de bon sens paysan, très peu pour moi.
Et puisque l'article parle ensuite de ne pas "nier les réalités économiques que nous devons regarder en face pour en réguler les effets", encore une phrase qu'on entend souvent, je dirai simplement que personne aujourd'hui au PS ne nie les réalités économiques (ou alors encore une fois il faut me le démontrer, personne ne propose de renationalisations massives, de socialisation des moyens de production, d'abolition de capitalisme et de l'économie de marché), simplement tous n'apportent pas les mêmes réponses. Et quand on parle de "réguler les effets" de la réalité économique, c'est qu'on s'avoue impuissant à changer celles-ci. C'est malheureusement la première marche du renoncement. Etre réalistes, c'est se dire qu'effectivement le monde a changé, que oui nos réponses doivent être différentes, mais que, justement, parce que le capitalisme n'est plus le même qu'il y a 20 ans, nos réponses se devront d'être encore plus ambitieuses pour faire face aux dégâts qu'il provoque. Etre réalistes, c'est être conscients que nos idées et nos valeurs ne pourront s'épanouir avec les réalités économiques actuelles et qu'une simple régulation ne suffira pas. Etre réalistes, c'est dire et assumer que notre ambition n'est pas d'avoir seulement un programme pour les 5 ou 10 prochaines années, même s'il en faudra un, mais que notre horizon est bien plus large, car remédier aux dégats du libéralisme, dans les faits et dans les consciences, ne se fera ni en 100 jours ni en 5 ans.
La refondation de la gauche risque finalement de consister en des phrases toutes faites auxquelles n'échappent pas ceux qui les dénoncent (et comme ça m'arrive aussi je m'inclus dans le lot :-). Et quand on parle en plus de leader naturel à tout bout de champ, sans poser au préalable réellement la question du débat collectif que nous devrons avoir quant aux causes de notre défaite, ça a le don de m'énerver encore plus. Et tiens, je le dis ici, je n'ai absolument aucun a priori négatif sur le fait que Ségolène Royal soit la candidate des socialistes en 2012 (je dirais même plus, comme j'ai tendance à penser que le choix se fera entre Royal et DSK, le mien sera rapide). Mais ce n'est ni le moment ni la bonne démarche à adopter. Pour moi la question du leadership ne peut en aucun cas être posée avant d'avoir analysé les raisons de notre échec et tracé des perspectives d'avenir pour la gauche. Je crois à la discussion collective qui trouve son aboutissement dans la désignation d'un candidat (qui devra se faire il est vrai bien plus tôt que la précédente), et non l'inverse.
Au final je suis un peu déçu par ce que j'ai pu lire. Parce que je croyais - et allez, je continue à le croire un peu - qu'entre Fabius et DSK il y avait de l'espace pour construire quelque chose de fort, de nouveau, qui aborde les débats sans idées préconçues et simplistes du type "faut s'adapter aux réalités économiques, faut faire notre mue à l'image des autres partis européens, tout ça", sans être non plus un fan club de Ségolène Royal, pour ne pas la citer. Car quand dès qu'il y a un semblant de début d'analyse on tombe au bout de deux paragraphes sur "DSK bla bla bla le plus à même, le meilleur bla bla" ou "Ségolène Royal, bla bla légitimité bla bla leader naturel", on sent bien qu'au delà de la volonté affichée par les uns et les autres de lancer un débat collectif et une refondation de la gauche, c'est bien une course infernale qui est lancée entre ces deux-là. J'ai de plus en plus l'impression que le débat d'idées risque s'être sacrifié sur l'autel des écuries, et l'écurie Royal n'a peut être pas grand chose à envier aux autres, si ce n'est que c'est elle - et il faut le reconnaître - qui a eu le mérite de faire bouger les choses en interne du PS sur le plan du renouvellement politique. Bref je suis un peu désabusé... mais ça passera, j'espère.
18 mai 2007
Ecologie : un gouvernement qui défendra le recyclage
Le (faux) suspense est levé : la composition du gouvernement a été dévoilée ce matin.
Premier constat : 3/4 des ministres nommés l'ont déjà été lors des précédents gouvernements de droite. C'est sans doute ça la rupture, on prend les mêmes et on recommence. Avec Juppé en prime pour garantir que la magouille récompense toujours, même avec Sarko. 2ème constat : une ouverture à gauche et au centre ? A voir... Je suis content d'avoir entendu dire ce matin que Kouchner n'était pas membre du PS, ce qui est le cas. En tous cas pour un homme aux prises de positions atlantistes et notoirement favorable à la guerre en Irak, ça promet comme politique (parler d'"ouverture" en prenant un mec qui sur un certain nombre de sujets d'envergure internationale est incontestablement à droite, le tour de passe-passe est habile et fonctionnera à plein, sans aucun doute). Sinon à la Jeunesse déjà que tout le monde s'en foutait, maintenant on a regroupé ça à la Santé avec Roselyne Bachelot, preuve que la Santé aussi aparemment on s'en fout un peu.
Tout ça pour dire que le gouvernement version Fillon 1 ne m'inspire en grande partie que du déjà vu et du réchauffé, loin des "surprises" annoncées, composition qui laisse à penser que c'est bien Sarko qui entend prendre en main les affaires du pays et présidentialiser à fond le régime.
Ah si, une dernière chose : Eric Besson, secrétaire d'Etat "chargé de la
Prospective et de l'évaluation des politiques publiques" c'est pas drôle un strapontin aussi minable, dont l'intitulé lui-même est à peine compréhensible ? Ca faisait bien longtemps que Besson m'avait pas fait rire, mais ça fait plaisir de voir que son égo surdimensionné n'a pas été excessivement flatté, c'est la moindre des choses.
16 mai 2007
Analyses analyses...
Une analyse piochée sur le web que je trouve dans l'ensemble assez juste et pertinente, celle de Michael Delafosse, ancien président de la Mutuelle des Etudiants.
http://michaeldelafosse.canalblog.com/archives/2007/05/07/index.html
Pour ma part je livrerai mes sentiments un peu plus tard, j'attends encore de prendre du recul, on ne médite jamais assez sur une défaite...
15 mai 2007
Sarkobug
Réclamation client---------------------- Monsieur, Madame, Il y a un mois, j'ai changé ma version Chirac 2.0 par la version Sarkozy 1.0 et j'ai noté que le programme a lancé une application inattendue appelée maintenant_vous_allez_vraiment
Un utilisateur démoralisé.
Réponse: Cher Monsieur, Votre plainte est très fréquente chez les utilisateurs de Sarkozy 1.0, mais elle est due le plus souvent à une erreur de conception de base.Beaucoup d'utilisateurs passent de leur version Chirac 2.0 à Sarkozy1.0 en pensant que Sarkozy 1.0 n'est qu'un programme d'utilitaires et de divertissement. Cependant, Sarkozy 1.0 est bien plus que cela, il s'agit d'un SYSTEME D'EXPLOITATION COMPLET conçu pour gérer TOUTES vos applications. Il est entendu que le retour à Chirac 2.0 est impossible. Deux options s'offrent à vous : - Vous décidez de conserver Sarkozy 1.0, et vous attendez 5 ans normalement, avant de changer pour un système d'exploitation plus satisfaisant et performant.Pour ce qui concerne les programmes Démagogie 7.0 ou Autoritarisme 9.5, ce sont des programmes d'ancienne génération utilisés sous NB ou Vichy.1940, qui aujourd'hui connaissent des problèmes de compatibilité. Des mises à jour de République_Française bientôt téléchargeables devraient permettre de résoudre le problème. Evitez d'utiliser les touches Echap et Suppr trop souvent sous Sarkozy1.0, vous risquez de lancer des applications néfastes comme C:/coup_de_matraque_dans_la
Cordialement,le SAV informatique.
Où ça des "personnalités de gauche" ?
"Des personnalités de gauche au gouvernement, gna gna gni gna gna gna"... Commence à en avoir un peu marre d'entendre ça au sujet notamment de la possible entrée de Bernard Kouchner au gouvernement. Mettons les choses au point : pour moi quelqu'un qui était pour la réforme Fillon, pour la guerre en Irak, pour le CPE, ne peut se prétendre profondément de gauche. C'est dit. Et ce n'est pas du sectarisme primaire, juste une question d'un minimum de valeurs partagées. Alors se gargariser de l'ouverture de Sarkozy envers quelqu'un qui ferait tout ce qu'il peut pour planter un couteau dans le dos au PS... (sa haine envers les socialistes est paraît-il légendaire, peut être qu'il n'aurait pas fallu de notre part lui accorder trop d'importance durant ces derniers mois). Allègre je n'en parle pas, Besson encore moins. Ca des personnalités de gauche ? Hum...
Bon par contre Védrine franchement ça le ferait pas. Quelqu'un de bien je pense, même si je ne le connais pas vraiment. Attendons de voir vendredi, ça pourrait faire assez mal s'il est au gouvernement. Mais quant aux autres, arrêtons de considérer des ralliements opportunistes comme une preuve de rassemblement de Sarkozy, et cessons de notre côté de les considérer comme étant des hommes politiques authentiquement de gauche (d'ailleurs je ne considère pas quelqu'un qui entre dans un gouvernement de droite, quels que soient ses combats passés, comme socialiste). Et ce n'est pas parce que Môôsieur Kouchner est populaire qu'il ne faut pas le renvoyer à ses prises de positions à l'inverse du PS sur un grand nombre de sujets ces 5 dernières années. Ca nous évitera d'avoir à assumer ses conneries et son ambition personnelle démesurée.
En attendant ça remue pas mal à l'UMP pour les postes, mais pour les journalistes ça ne s'appelle pas une discorde ou des tensions comme dans notre parti, ce sont simplement des "déceptions".